Quand « c’était mieux avant » prend toute la place : le Chèvrefeuille
Vanessa Plenert
Pour celles qui regardent les photos d’il y a dix ans et trouvent que la vraie vie était là-bas.
Tu as ouvert tes photos pour chercher un justificatif. Quarante minutes plus tard, tu y es encore. Les enfants étaient petits, la maison était pleine, on riait beaucoup.
Ce n’est pas un mauvais moment — c’est même plutôt doux. Le problème, c’est que ça prend de plus en plus de place, et que le présent en paraît terne par comparaison. C’est l’état que le Dr Bach associait au Chèvrefeuille.
Honeysuckle est la fleur de la nostalgie. Celle qui vit au passé, non par chagrin aigu, mais parce que le passé est plus confortable que maintenant.
Elle n’efface aucun souvenir. Elle rend le présent à nouveau habitable.
La plante et ce qu’elle raconte
Le chèvrefeuille est une liane qui a besoin d’un support. Elle s’enroule autour d’un tronc ou d’une branche, toujours dans le même sens, et serre en grandissant.
Et elle laisse une trace. Quand on coupe une branche qu’un chèvrefeuille a enlacée, on y voit une spirale creusée dans le bois : l’arbre a poussé autour de l’étreinte, et la marque reste pour toujours. Les tourneurs sur bois recherchent ces branches torsadées pour en faire des cannes.
Une plante dont l’étreinte s’imprime définitivement dans ce qu’elle a tenu : pour la fleur de celles qui n’arrivent pas à lâcher le passé, l’image se passe de commentaire. Le Dr Bach l’a ajoutée en 1935 et la préparait par ébullition.

Ce qu’elle accompagne
Toujours le même mouvement : la vraie vie est située ailleurs, et derrière.
Le profil Chèvrefeuille
Elle est souvent chaleureuse, attachée aux siens, fidèle en amitié. Ses souvenirs sont précis et nombreux, et elle raconte bien. Rien de pathologique là-dedans — jusqu’au moment où l’on s’aperçoit que toutes ses phrases commencent par « à l’époque ».
Le signe qui ne trompe pas n’est pas la fréquence des souvenirs, c’est leur fonction : ils servent de refuge. Le passé est devenu l’endroit où il fait bon être, et le présent un couloir qu’on traverse.
Ce que la fleur vise n’est pas l’oubli — personne ne le souhaite, et ce serait une perte. C’est de pouvoir garder les souvenirs comme on garde des photos : disponibles, précieuses, et rangées.
Elle ne refuse pas le présent. Elle a simplement cessé d’y chercher quoi que ce soit.
Honeysuckle ou une autre fleur ?
Quatre façons de ne pas être dans le présent.
Avec quelles fleurs l’associer
Comment la prendre
En flacon prêt à l’emploi : quatre gouttes, quatre fois par jour, sous la langue ou diluées dans un verre d’eau.
Sur le moment
Une prise avant les situations qui ramènent en arrière : un album photo, une date anniversaire, un retour dans un lieu d’avant.
En cure
Quatre prises par jour pendant deux à trois mois, davantage si la nostalgie accompagne une perte. La chronologie est ici.
Ce que Vanessa entend le plus souvent : on raconte autant, mais on vit à nouveau. Les souvenirs ne disparaissent pas ; ils cessent d’être le seul endroit où il se passe quelque chose.
Une limite à connaître. Un deuil qui ne se déplace pas au bout de plusieurs mois, une incapacité à reprendre une vie normale, un repli durable ou des idées noires relèvent d’un accompagnement : on parle alors de deuil compliqué, et un psychologue peut beaucoup. En cas de détresse, le 3114 répond gratuitement, 24 h sur 24.
Questions fréquentes
Elle accompagne la nostalgie : vivre au passé parce qu’il est plus confortable que le présent. Elle n’efface aucun souvenir, elle rend le présent à nouveau habitable.
Même absence, direction opposée : la Clématite rêve un futur plus agréable, le Chèvrefeuille regarde en arrière.
C’est l’un de ses usages les plus fréquents, et elle figure dans notre synergie Ménopause : le corps change, la période d’avant devient une référence.
Elle accompagne la part du deuil où l’on vit davantage avec celui qui n’est plus là qu’avec ceux qui restent. Elle ne remplace pas un accompagnement si le deuil ne se déplace pas.
Quatre gouttes quatre fois par jour, avec une prise avant les situations qui ramènent en arrière. En cure, deux à trois mois.
Non. Les personnes rapportent qu’elles racontent toujours autant, mais que les souvenirs cessent d’être le seul endroit où il se passe quelque chose.
Elle est dans notre synergie Ménopause
Le Chèvrefeuille entre dans la composition de Ménopause — équilibre du féminin, aux côtés du Mélèze, du Noyer, de l’Olivier, de l’Orme, du Plumbago et du Prunier.
Il y tient une place précise : celle du regard tourné vers l’avant, à un moment où le corps impose de regarder devant.
Découvrir la synergie MénopauseAutres fiches fleurs : le Noyer (Walnut), l’Ornithogale (Star of Bethlehem) et la Clématite (Clematis). Et pour les 38 fleurs : le guide complet.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un avis médical. Les fleurs de Bach ne traitent aucune pathologie et ne remplacent ni un traitement prescrit ni un accompagnement psychologique. Un deuil qui ne se déplace pas, un repli durable ou des idées noires justifient l’avis d’un professionnel de santé.