L’Aigremoine (Agrimony) : la fleur de Bach de celles qui disent toujours que ça va
Vanessa Plenert
Pour les drôles, les solides, celles qu’on appelle quand ça ne va pas — et qui n’appellent personne.
« Et toi, ça va ? » — « Oui oui, super. » Tu as répondu avant même d’avoir vérifié.
Ce n’est pas un mensonge, c’est un réflexe. Tu es celle qui écoute, qui désamorce, qui fait rire quand l’ambiance tombe. Et personne autour de toi ne sait ce que tu portes, parce que tu as décidé il y a longtemps que ça ne servirait à rien de le dire. C’est l’état que le Dr Bach associait à l’Aigremoine.
Agrimony est la fleur du tourment caché derrière un visage souriant. Pas la joie de vivre : la jovialité qui sert de couvercle.
Elle ne rend pas triste. Elle permet que le dedans et le dehors finissent par dire la même chose.
La plante et ce qu’elle raconte
Agrimonia eupatoria pousse en bordure des chemins, avec de longs épis d’un jaune franc, visibles de loin. Une plante joyeuse, qui a l’air en pleine forme.
C’est la suite qui est intéressante. Quand les fleurs tombent, chaque graine se referme en un petit fruit couvert de crochets qui s’accrochent aux vêtements et aux poils des animaux sans qu’on s’en aperçoive. On rentre chez soi, on en trouve dix sur son pantalon. Une plante qui montre du jaune éclatant et qui s’accroche en silence : difficile de faire plus ressemblant.
Elle fait partie des douze premiers remèdes du Dr Bach et se prépare à la méthode solaire.

Ce qu’elle accompagne
Toujours le même mouvement : ce qui pèse reste à l’intérieur, et le sourire tient la porte.
Le profil Aigremoine
Elle est agréable. Vraiment agréable. On l’invite partout parce qu’elle met de l’ambiance, elle écoute, elle n’est jamais lourde. C’est le profil dont l’entourage tombe des nues le jour où il apprend.
Le Dr Bach l’a rangée dans l’hypersensibilité aux influences, et c’est le bon rayon : elle ressent tout, très fort, mais elle a appris que montrer ce qu’elle ressent dérange. Alors elle trie, elle enveloppe, elle fait une blague.
Ce que la fleur vise n’est pas de la rendre sombre. C’est de réduire l’écart — que « ça va » redevienne une information plutôt qu’une formule de politesse, et qu’elle n’ait plus besoin d’un verre, d’un écran ou d’un paquet de gâteaux pour couvrir le bruit.
Elle ne cache pas sa peine pour tromper les autres. Elle la cache parce qu’elle croit que c’est sa part du contrat.
Agrimony ou une autre fleur ?
Quatre façons de ne pas dire ce qui se passe.
Avec quelles fleurs l’associer
Le masque a toujours un prix, et il se paie ailleurs.
Comment la prendre
En flacon prêt à l’emploi : quatre gouttes, quatre fois par jour, sous la langue ou diluées dans un verre d’eau.
Sur le moment
Une prise en fin d’après-midi et une le soir : ce sont les deux moments où le besoin de couvrir le bruit se fait sentir.
En cure
Quatre prises par jour pendant deux à trois mois. Un masque posé depuis l’enfance ne se retire pas en trois semaines. La chronologie des effets est ici.
Ce que Vanessa entend le plus souvent : une phrase qui sort. Pas une confession, pas une crise — une phrase vraie dite à quelqu’un, souvent sans l’avoir prévu. Et le soulagement qui suit surprend celle qui l’a dite.
Une limite à connaître, et elle compte ici plus qu’ailleurs. Ce profil masque précisément ce qu’il faudrait voir. Une souffrance qui dure, une consommation d’alcool qui s’installe, des troubles du comportement alimentaire ou des idées noires demandent un médecin ou un psychologue — et le fait de bien les cacher ne les rend pas moins sérieux. En cas de détresse, le 3114 répond gratuitement, 24 h sur 24.
Questions fréquentes
Elle accompagne le tourment intérieur caché derrière un visage souriant : celle qui dit toujours que ça va, désamorce par l’humour et évite les conflits. Elle vise l’écart entre le dedans et le dehors.
La Centaurée ne sait pas dire non et se laisse déborder. L’Aigremoine sait dire non : ce qu’elle tait, c’est son propre état.
Elle est traditionnellement associée aux conduites qui servent à couvrir une émotion, dont le grignotage du soir. Elle accompagne le vécu émotionnel et ne traite aucun trouble alimentaire.
C’est souvent la personne drôle et solide du groupe, celle qu’on appelle quand ça ne va pas et qui n’appelle jamais. Son entourage découvre très tard qu’elle allait mal.
Quatre gouttes quatre fois par jour, avec une prise en fin d’après-midi et une le soir. En cure de fond, compte deux à trois mois.
Ce n’est pas ce qui est rapporté. Les personnes décrivent plutôt une phrase vraie qui sort enfin, et un soulagement qui les surprend.
Elle est dans deux de nos flacons
L’Aigremoine entre dans la composition de Anti-stress, pour la tension qu’on garde pour soi, et de Minceur, pour les prises alimentaires qui servent à couvrir une émotion.
Deux situations, un même mécanisme : quelque chose qui ne se dit pas et qui doit bien sortir quelque part.
Découvrir la synergie MinceurAutres fiches fleurs : la Chicorée (Chicory), le Marronnier blanc (White Chestnut) et l’Ornithogale (Star of Bethlehem). Et pour les 38 fleurs : le guide complet.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un avis médical. Les fleurs de Bach ne traitent aucune pathologie et ne remplacent ni un traitement prescrit ni un accompagnement psychologique. Une souffrance durable, une consommation d’alcool installée, un trouble du comportement alimentaire ou des idées noires justifient l’avis d’un professionnel de santé.